En 1958, Commodore (ou CBM pour Commodore Business Machines) voit le jour sous les traits de génie de son fondateur Jack Tramiel. L’homme, rescapé des ghettos nazis et du camp d’Auschwitz — tout comme la maman de Philippe Kahn, fondateur de Borland — quitte les commandes de Commodore en 1984 pour prendre la tête d’Atari, après le succès stratosphérique des ventes du C64 qui représente, encore de nos jours, le ou un des plus grands coups sur la planète informatique.

L’épopée Commodore n’a rien à envier à l’ouragan Apple de l’après-retour de Steve Jobs. Qui ne se souvient pas du VIC-20, suivi des C64, C128, C128D (et son clavier détaché de l’unité centrale), suivis des Amiga 500, 1000, 1500, 2000… À cette époque, on était surtout, soit utilisateur Commodore, soit utilisateur Atari. C’était l’un ou l’autre, au milieu d’autres produits épiques tels que le ZX Spectrum de Sinclair et les ordinateurs du fabricant français Thompson, pour ne citer qu’eux. On les programmait, on y jouait, l’informatique était entrée dans les foyers.

Parmi sa gamme d’appareil, du PET aux modèles Amiga puis PC, le Commodore 64 fut un succès commercial et populaire gigantesque et inégalé jusqu’à ce jour. Pour la petite histoire, ce modèle fut le second ordinateur de l’auteur de ces lignes acheté en 1983 après qu’il ait revendu son Sharp MZ-80B.

Mais donc à propos de Commodore (et particulièrement l’ère de Jack Tramiel et du C64), voici quelques anecdotes dont vous n’étiez probablement pas au courant. Asseyez-vous confortablement, certaines méthodes de gestion atypiques décrites ici relèvent du génie et réveilleront chez vous, presque à coup sûr, les émotions heureuses d’une époque que nous aimerions parfois retrouver! En voici quelques-unes des plus emblématiques :

Le test de résistance du C64 à l’aspirateur et au panier à linge

Les ingénieurs de Commodore voulaient tester la solidité mécanique et thermique des composants du Commodore 64. Plutôt que d’investir dans des équipements de laboratoire hors de prix, ils ont placé la carte mère en fonctionnement dans un panier à linge en plastique perforé, dirigé le souffle chaud d’un aspirateur dessus pour simuler une surchauffe, puis secoué le panier à la main pour tester les vibrations.

Le bouton RESET volontairement supprimé

Sur le Commodore 64, les concepteurs ont sciemment refusé d’intégrer un bouton de réinitialisation physique (Reset). Jack Tramiel préférait faire économiser quelques centimes sur chaque machine. Pour contourner ce choix, les utilisateurs de l’époque devaient éteindre et rallumer sauvagement le commutateur d’alimentation ou bricoler eux-mêmes un bouton Reset directement soudé sur les broches du port cartouche.

Le Commodore PET né grâce à la menace d’un rachat par Apple

À la fin des années 1970, Steve Jobs et Steve Wozniak ont tenté de vendre le concept de l’Apple II à Commodore. Jack Tramiel a décliné l’offre, jugeant la somme demandée trop élevée. Dans la foulée, il a ordonné à son ingénieur en chef Chuck Peddle de concevoir une machine Commodore tout-en-un sous 6 mois pour devancer Apple : c’est ainsi qu’est né le Commodore PET.

Les cartouches de jeu « percées » pour le VIC-20

Pour promouvoir le VIC-20 auprès des familles, Commodore vendait la console/ordinateur à très bas prix mais se rattrapait sur les cartouches de jeux. Les ingénieurs avaient constaté que les cartouches contenaient des puces de mémoire sous-utilisées ; pour éviter de re-concevoir la chaîne de fabrication, Commodore s’est contenté d’utiliser une perceuse industrielle pour détruire physiquement la moitié non payée des puces mémoire sur les lignes d’assemblage.

L’écran de démarrage violet et bleu du C64

Les couleurs iconiques du Commodore 64 à l’allumage (texte bleu clair sur fond bleu foncé avec cadre violet) n’ont pas été choisies par des designers graphiques. L’équipe d’ingénieurs a sélectionné ces couleurs tout simplement parce qu’elles ressortaient le mieux sur les pires téléviseurs cathodiques couleur d’entrée de gamme des années 1980.

Hommage en images rendu à Jack Tramiel

https://www.zdnet.fr/actualites/hommage

Pour passer commande de votre vrai Commodore

https://commodore.net

Le Commodore 64 d'origine
L’édition 1982 du légendaire Commodore 64, qui sera remis en production à l’identique 43 ans plus tard, à partir de 2025

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