En 1958, Commodore (CBM ou encore Commodore Business Machines) voit le jour sous les traits de gĂ©nie de son fondateur Jack Tramiel. L’homme, rescapĂ© des ghettos nazis et du camp d’Auschwitz — tout comme la maman de Philippe Kahn, fondateur de Borland — quitte les commandes de Commodore en 1984 pour prendre la tĂȘte d’Atari, aprĂšs le succĂšs stratosphĂ©rique des ventes du C64 qui reprĂ©sente encore aujourd’hui un des plus grands coups sur la planĂšte informatique.

L’Ă©popĂ©e Commodore n’a rien Ă  envier Ă  l’ouragan Apple de l’aprĂšs-retour de Steve Jobs. Qui ne se souvient pas du VIC-20, suivi des C64, C128, C128D (et son clavier dĂ©tachĂ© de l’unitĂ© centrale), suivis des Amiga 500, 1000, 1500, 2000… À cette Ă©poque, on Ă©tait surtout, soit utilisateur Commodore, soit utilisateur Atari. C’Ă©tait l’un ou l’autre, au milieu d’autres produits Ă©piques tels que le ZX Spectrum de Sinclair et les ordinateurs du fabricant français Thompson, pour ne citer qu’eux. On les programmait, on y jouait, l’informatique Ă©tait entrĂ©e dans les foyers.

L’odeur de ces machines a marquĂ© toute une gĂ©nĂ©ration (la X). Et ils sont nombreux, les X justement, aujourd’hui, Ă  se souvenir avec une nostalgie confessĂ©e (et assumĂ©e) de cette Ă©poque qui sentait bon l’informatique pionniĂšre. Cette saveur, on ne la retrouverait bientĂŽt plus, si ce n’est dans une certaine mesure par l’utilisation d’un nouveau venu, Linux puisque, il faut bien le dire, l’informatique des dĂ©buts Ă©tait synonyme d’exploration et de libertĂ©. Le temps des monstres numĂ©riques Ă©tait encore loin, nous Ă©tions dans l’Ăšre des geeks selon le sens le plus exact de l’expression.

Nous sommes en 1994 quand Commodore ferme ses portes. L’aventure se termine. Ceci dit, Jack Tramiel n’est jamais bien loin de « sa » sociĂ©tĂ© et des produits sortis de ses portes. En 2007 par exemple, Jack participe Ă  une cĂ©lĂ©bration du vingt-cinquiĂšme anniversaire du C64. Un ordinateur qui, en 2024, est encore bien prĂ©sent dans les salles d’informatique de plusieurs Ă©tablissements scolaires autour du globe, dont les programmes de formation aux technologies sont sous la responsabilitĂ© de passionnĂ©s qui encouragent la maĂźtrise de l’informatique par l’apprentissage de la programmation Ă  plein code, c’est-Ă -dire sans les Ă©mulateurs (quand on ne parle pas carrĂ©ment de low-code ou de no-code) que nous connaissons aujourd’hui.

Plusieurs tentatives voient le jour pour faire renaĂźtre le condor. En 2010, la marque est acquise sous licence par deux jeunes entrepreneurs de la Floride pour devenir Commodore USA. Leur intention est de raviver les marques Commodore ainsi qu’Amiga dont ils ont rachetĂ© une partie des droits et propriĂ©tĂ©s intellectuelles. La nouvelle compagnie fabrique des ordinateurs sous les marques Commodore et Amiga vendus par correspondance via son site internet. En 2012, Commodore USA parvient Ă  racheter la totalitĂ© des droits de la marque Commodore.

Mais le 8 dĂ©cembre 2012, Barry Altman, fondateur de Commodore USA, meurt d’un cancer Ă  l’Ăąge de 63 ans, laissant la jeune entreprise sans suite. La boutique en ligne et le site cessent de rĂ©pondre en avril 2013.

PrĂšs de deux ans plus tard, le 26 dĂ©cembre 2014, deux entrepreneurs italiens rachĂštent les droits et raniment CBM Ă  Londres, avec la prĂ©sentation de tĂ©lĂ©phones mobiles aux couleurs de Commodore. ÉquipĂ©s d’Ă©mulateurs pour les jeux C64 et Amiga.

En 2023, Commodore, dont le siĂšge est dĂ©sormais Ă  Rome, annonce des jeux vidĂ©o, et une nouvelle gamme d’ordinateurs portables, dont un produit phare, l’Omina-book assemblĂ© en Allemagne, avec son chĂąssis en magnĂ©sium pour les entrepreneurs, et aussi le Proxima-book et l’Orion-book orientĂ©s vers le marchĂ© de l’informatique personnelle et des jeux vidĂ©o. Commodore commercialise aussi d’autres produits Ă©lectroniques grand public, des Ă©couteurs sans fil au design futuriste, aux haut-parleurs Bluetooth.

Des projets entrepris avec l’implication d’une Ă©quipe passionnĂ©e, sous la direction de Luigi Simonetti, CEO puis prĂ©sident (2024) de Commodore.

Trois divisions sont créées en plus de Commodore Engineering. Commodore Sinapsy, qui se consacre au dĂ©veloppement de jeux vidĂ©o, un secteur qui contribua au succĂšs de la marque Ă  sa grande Ă©poque et, depuis 2024, Commodore Academy, qui propose de la formation TI Ă  distance, et Commodore Digital, avec Luca Tomassini Ă  la prĂ©sidence de celle-ci, une division dĂ©diĂ©e Ă  l’intelligence artificielle et l’humain digital.

La renaissance de Commodore
Commodore Omnia-book 2024 (que nous avons configurĂ© et testĂ© en dual boot Windows 11 / Linux Zorin 17 Pro avec un bouton du menu dĂ©marrer personnalisĂ©, un ensemble d’icĂŽnes Beauty Solar, les curseurs Kora, et un shell transparent Marble Yellow Dark)

Ce que nous avons aimĂ© de l’Omnia-book

  • Son poids plume et son Ă©lĂ©gance toute en finesse;
  • Ses dimensions (un Ă©cran de 16″ pouces dans un boĂźtier moins encombrant que beaucoup d’ordinateurs portables 15″);
  • Son revĂȘtement mat soutenu par un chĂąssis en magnĂ©sium;
  • La qualitĂ© du rĂ©tro-Ă©clairage de son clavier;
  • Son grand pavĂ© tactile (qu’on peut dĂ©sactiver en totalitĂ© ou sur une moitiĂ©, par des doubles pressions sur les coins supĂ©rieurs) parfaitement adaptĂ© au dessin Ă  main levĂ©e et, bien sĂ»r, Ă  la signature de documents;
  • La qualitĂ© de son UEFI / BIOS et ses nombreuses options;
  • Le logo Commodore au dĂ©marrage primaire (avant le dual boot);
  • L’Omnia-book est ultra rapide, silencieux (on entend parfois un peu le ventilateur lors des utilisations intensives, sans que cela ne nous ait dĂ©rangĂ©);
  • Sa puce graphique Raptor Lake (Intel MESA RPL-P) trĂšs performante et totalement suffisante;
  • Son Ă©cran 3K pour une rĂ©solution de 2560×1600 pixels (nous sommes Ă  chaque fois surpris de constater encore de nos jours une rĂ©solution de 1920×1080 sur de nombreux modĂšles concurrents, Ă  moins d’exploser le budget);
  • Sa camĂ©ra FHD de 1080 pixels (tandis que la plupart des fabricants de modĂšles haut-de-gamme proposent Ă©tonnamment toujours une rĂ©solution Ă  720 pixels, ce que nous trouvons peu adaptĂ© aux exigences professionnelles actuelles);
  • Les accessoires (un Ă©tui protecteur original aux couleurs de Commodore, un fil USB-C / USB, une clĂ© USB aux couleurs de la marque contenant les logiciels d’installation, un adaptateur USB-Ethernet), le tout livrĂ© dans une boĂźte scellĂ©e avec un adhĂ©sif Commodore;
  • Le soin du service-clientĂšle personnalisĂ©.

Ce que nous aurions voulu

  • Des haut-parleurs plus puissants, et plus forts sur les basses (avec un son de surface moins mĂ©tallique) / Ă  la dĂ©charge de Commodore, prĂ©cisons que nos points de comparaison sont des Macbook.
  • Qu’un papier cartonnĂ© de surface — blanc, par exemple, et aux couleurs de Commodore avec la photo de l’Omnia-book — entoure la boĂźte brune (comme avec les modĂšles vendus dans les annĂ©es 80);
  • Un ou deux numĂ©ros du magazine Commodoriani en version papier https://commodore.inc/commodoriani

Pour en savoir plus

Cet article de Tom’s Hardware

https://www.tomshw.it/hardware/commodore-omniabook-la-workstation-portatile-di-un-brand-storico-test-recensione

Et ce trĂšs bel hommage en images rendu Ă  Jack Tramiel

https://www.zdnet.fr/actualites/hommage-en-images-a-jack-tramiel-pere-du-commodore-64-et-de-l-atari-st-39771240.htm

Pour passer commande de votre Commodore

https://commodore.inc

Commodore dans le magazine Fortune (mai 2024)

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