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DeepIn UOS, l’impressionnante distro GNU Linux Debian venue de Chine

Le système d’exploitation DeepIn UOS (se prononce You OS, par possible opposition communautaire Ă  l’individualiste iOS) voit le jour en 2004. Ă€ ce moment il ne porte pas encore le doux nom de DeepIn et encore moins UOS mais celui de Hiwix.

Cet automne de 2020 voit arriver la version 20 de cette géniale distribution GNU Linux basée sur Debian.

Et elle est belle cette distro! Bien qu’il soit fort probable que plusieurs puristes, c’est bien lĂ©gitime, n’apprĂ©cient pas l’union quasi-adultĂ©rine des paquets OpenSource avec ceux, propriĂ©taires, qu’elle propose, il n’en demeure pas moins qu’elle est sans aucun doute la distribution la plus aboutie, tant sur le plan de l’esthĂ©tisme (cet OS n’a rien Ă  envier Ă  l’OS X de Apple) que sur celui des fonctionnalitĂ©s et des applications disponibles et leur personnalisation.

Rapide tour d’horizon de DeepIn UOS, 8 minutes pour tout vous dire
(ou presque!)


Pour télécharger DeepIn UOS

https://www.deepin.org/en/


De Debian-Ubuntu Ă  Debian-DeepIn

Avant de ramener l’entier du projet sous la bannière Debian en 2015, les concepteurs de UOS faisaient reposer leur système sur une surcouche Ubuntu, nous parlons de la pĂ©riode qui s’Ă©tend de 2006 Ă  2015. C’Ă©tait l’environnement – le bureau – de DeepIn qui faisait alors sa particularitĂ©, ainsi que la prĂ©sence des paquets propriĂ©taires par dĂ©faut et quelques autres particularismes technologiques. Le projet rejoint la Linux Foundation en 2015.



Parlons sécurité et confidentialité

Richard Stallman, le fondateur du projet GNU, peut bien ĂŞtre dĂ©mangĂ© d’adouber UOS du quolibet de Spyware comme il le fait d’ailleurs avec Ubuntu (du fait que Ubuntu collecte certaines des informations des recherches-utilisateurs, une tare très peu apprĂ©ciĂ©e dans l’univers du logiciel libre).


En effet, DeepIn UOS a du mal Ă  faire oublier un Ă©pisode bref mais particulier de son parcours. Nous sommes en 2018, les versions 15.5 et 15.6 voient le jour. Les concepteurs y introduisent CNZZ (une sorte de Google Analytics de son magasin d’applications, l’App Store). Si CNZZ, traçeur chinois, ne divulgue aucune donnĂ©e confidentielle il n’en demeure pas moins que cette transmission d’informations statistiques, perçue lĂ©gitimement comme une atteinte Ă  la vie privĂ©e, passe très mal chez les utilisateurs.

Devant le mĂ©contentement gĂ©nĂ©ral, DeepIn retire CNZZ l’annĂ©e-mĂŞme, en 2018 donc.

En tant que crĂ©ateur de l’Ă©co-système des OS chinois, Deepin Technology a non seulement Ă©tabli d’Ă©troites relations de travail avec les fabricants de puces, d’ordinateurs, de bases de donnĂ©es et autres, mais a Ă©galement dĂ©veloppĂ© conjointement avec 360, Kingsoft, NetEase, Sogou et d’autres entreprises de nombreuses applications destinĂ©es aux utilisateurs chinois. Son système d’exploitation a Ă©tĂ© largement utilisĂ© par le gouvernement, la finance, la communication, l’Ă©ducation et d’autres domaines.

Mais alors, sĂ©curitaire UOS? La question est totalement lĂ©gitime. Avec ces yeux qui sont les nĂ´tres, qui virent le jour dans l’Ă©misphère occidental (comprendre que nous Ă©voluons sous l’Ă©gide d’un, quand mĂŞme, fort tropisme nord-amĂ©ricain), comment s’assurer que le gouvernement chinois n’a pas des portes ouvertes dans ce système d’exploitation?

Disons-le, l’avantage de l’OpenSource est que, justement, le code n’est pas cachĂ©. La multitude de dĂ©veloppeurs de par le monde est Ă  mĂŞme de lancer l’alerte lorsque des processus affaiblissent l’intĂ©gritĂ© d’un projet. Ce fut le cas avec la prĂ©sence de CNZZ. Des mouchards semblables pourraient se retrouver dans un OS propriĂ©taire, Windows par exemple, sans que personne ne puisse, ni l’analyser, ni le savoir, ni le contester.

En mĂŞme temps, nous comprenons qu’un système d’exploitation ce sont des centaines de milliers de lignes de code. Un code ouvert, consultable certes, mais tellement gigantesque qu’il faut quand mĂŞme une certaine dose de « chance » pour tomber sur le bloc de lignes susceptible de ne pas respecter la dĂ©ontologie Linux.

Ainsi, n’adopte pas UOS qui veut, du moins pas sans passer d’abord par-dessus quelques prĂ©jugĂ©s magistraux.

Quelqu’un a dit :

Tous les gouvernements nous espionnent. Les gouvernements occidentaux aussi nous espionnent.

Si nous savons effectivement que les États analysent et suivent un nombre incalculable d’activitĂ©s numĂ©riques, de façon lĂ©gitime lorsqu’il s’agit de dĂ©jouer des activitĂ©s criminelles, restons convaincus de l’importance essentielle qu’est le respect de la sphère privĂ©e. Dire qu’on a rien Ă  cacher n’est pas une excuse.

Ce qui fait la force de la philosophie OpenSource ce n’est pas exclusivement ses codes ouverts auxquels les dĂ©veloppeurs du monde entier ont accès, qu’ils peuvent amĂ©liorer ou adaptater. C’est en grande partie aussi pour prĂ©server cette notion du respect de la confidentialitĂ©.

Notre droit Ă  ne pas ĂŞtre tracĂ© par les conglomĂ©rats mondiaux que sont Microsoft, Samsung, Apple ou Alphabet (Google) pour ne citer qu’eux dont les codes sont cachĂ©s, doit ĂŞtre exigĂ©, alors mĂŞme que nos habitudes numĂ©riques reprĂ©sentent une gigantesque manne financière pour eux. Le droit des utilisateurs Ă  ne pas ĂŞtre constamment profilĂ© est fondamental et doit ĂŞtre prĂ©servĂ©.

Alors dites-moi… pire que les occidentaux les chinois? Quel est votre opinion? Le dĂ©bat est ouvert.

J’ai testĂ© DeepIn UOS pour vous sur un ordinateur Microsoft SurfaceBook en dual boot parallèlement Ă  Windows 10 (Instructions d’installation ici)

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